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Quantique de Nithard
Le principe de superposition de deux états distincts d’un même objet, appliqué au débarras infâme où entrèrent Anne Potié et Jocelyne Martin, autorise à penser que les toiles d’araignées, tout comme les meubles mis au rebut, pouvaient se trouver dissociés, si bien que la marche des deux dames au milieu de ce fourbi est comparable au trajet d’une particule entre deux univers parallèles, si éloignés soient-ils.
Donc, la trouvaille ou « l’invention » des os dans un carton étiqueté « Nithard » pouvait être aussi bien la découverte des vrais os que celle de faux, ce qui ne changeait absolument rien à la perception des deux observatrices de l’événement.
Cela relève du principe d’incertitude et des hypothèses de non-localité d’Aspect : dans un autre espace-temps, Nithard vivant était lui aussi sujet à cette loi quantique, mais il l’ignorait.
Ainsi, l’intrication entre vérité historique et vérité alternative, concept récemment avancé par le Professeur Donald T., n’autorise ni la critique ni l’accusation de supercherie à propos de l’authentification des os du présumé petit-fils de Charlemagne : d’un Nithard potentiel à l’autre, entre divers univers quantiques, il s’agit du même, dans divers états possibles. Et c’est un Nithard mort, contrairement au chat de Schrödinger.
Dire que ces os étaient dans un mauvais état lors de leur « invention », c’est juste une mauvaise blague d’esprits non scientifiques. Nous l’ignorerons.
