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Principalment quant vespres vient

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À la manière d’un romancier médiéval, écrivant en vieil françois, par exemple Chrétien de Troyes (dernier tiers du XIIe siècle) : octosyllabes en rimes plates (la même rime peut se succéder plusieurs fois). Dans Le Chevalier au Lion - roman remanié au début du XVIe siècle par le Lyonnais Pierre Sala, Yvain, le héros, pénètre avec son animal emblématique dans le château de Pesme (pessima) Aventure, lieu carcéral et diabolique, univers concentrationnaire où sont enfermées trois cents jeunes filles condamnées, dans une effroyable misère, à tisser la soie, travail forcé. Écoutons l’une d’elles s’adressant à son libérateur :

« Principalment quant vespres vient,
Mout volentiers ensi je peing,
Mais quand je peing icestes choses,
Mar ne durent ja mes grant pose,
D’hore alques soissantimes,
Voire d’ice parties minimes.
Qui de radiaction vocables,
A fin de bien estre entendable
De nos trestoz user volsist,
Leur periodes ensi establist :
Entre icelle del thorium A ,
La minime qu’on trovera,
Et icelle del radium C,
Un pou plus longue a durer ;
Trestot vistement se desfait,
Come pluie sor vitre le fait,
Et, se le voir vos an descuevre,
De meïsme verais chiefs d’uevre
Vont coulant come les formages
Qu’on fet es normanz pasturages.
Molt sovent, lasse, n’ai plus cure
De ces fluentes creatures,
Et altre chose ai en porpens.
Altres fois gart mon pensement,
A les tresmüer je m’entens ;
Des ruines d’un portrait fluent
En fai un altre hastivement
Qui ne durra non plus lonc tans. »