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Nithard mon cauchemar
Nithard, quel cauchemar !
Brouillard.
Deux dames ouvrent la porte. Incommodées par une odeur forte.
Pièce inoccupée, depuis longtemps abandonnée. Tâtonnements parmi les vieux rossignols, les meubles au rebut, de minables bahuts, des lits démontés, des chaises dépenaillées, des crottes de campagnols, de la poussière, des toiles d’araignées, des fientes de chauve-souris et les plumes d’une maliette qui a chu.
Bazar à bazarder sans retard.
Émergent du brouillard l’administratrice Anne Potié, et Jocelyne Martin - ma moitié très triste.
Au départ, Anne cogne ses panards contre un carton mouillé. Quel choc ! Fracas.
Son bizarre. Anne allume une bougie, l’ouverture s’élargit, d’un sac en plastique tombe un macchabée en pièces détachées, pour Halloween, un vrai kit :
deux fémurs, deux tibias, une clavicule,
un crâne.
Heureux hasard, crie Jocelyne, c’est Nithard !
Enfin la gloire pour mon mari qui le poursuit depuis vingt ans.
Mais… mon lit se disloque.
Une voix aiguë vrille mes tympans.
Aïe ! mon crâne !
Sors du plumard, chéri, c’est l’heure du colloque !
Ô rage ! ô désespoir !
Nithard, mon cauchemar !
