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Nithard et les chiens
Les deux chiennes se faufilèrent entre les planches, et entrèrent dans le terrain vague barricadé, saisies par les bonnes odeurs qui leur arrivaient en vagues effluves. La boue, les rats, les déjections laissées par les visiteurs nocturnes, c’était tout bon pour elles. Personne ne viendrait les déranger avant longtemps. La truffe en avant, elles se déplacèrent dans le noir au milieu des bouteilles vides, des frigos éventrés et des sacs poubelles balancés par-dessus les palissades. Tout ça avait été jeté, mais par qui, ça ne les concernait pas. Elles allaient s’employer à des activités plus sérieuses. En gesticulant, la doberman mitée buta contre un carton et le choc rendit un son étrange. Curieuse et affamée, elle élargit l’ouverture à coups de crocs, en tira un gros sac de plastique noir qu’elle déchira du bout des griffes, et sous la lumière mesquine d’un lampadaire elles virent apparaître deux fémurs, des tibias, une clavicule, un crâne.
— Enfin, aboya, câline, la mâtin. Je commençais à avoir la dent.
