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Nithard en valise
Elles ont pénétré la sinistre remise,
Où s’entassent rebuts, meubles et oripeaux.
Araignes et cafards s’en disputent l’emprise
Dans une pestilence affolant les naseaux.
Anne quittant les lieux se cogne à la valise,
Dont le choc fait ouïr de surprenants échos.
Elle s’ouvre et révèle une poche imprécise,
Jocelyne aperçoit tout un tas de vieux os.
Un fémur, un sternum où s’accroche une côte,
Des restes évidents d’un antique eucaryote,
D’autant qu’un crâne affiche un sourire mutin.
Jocelyne se perd en un long soliloque
Où domine le nom de Nithard, un vieux schnoque,
Que cherchait son mari du soir jusqu’au matin.
À la manière de l’un des Cent mille milliards de poèmes de Raymond Queneau.

