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Libres fritures

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Mais vivre et jeûner – pas de frites – n’allez surtout pas croire, docteur, que ça dure longtemps. Bien au contraire, car cela donne soif, disons comment sucer son blanc au litre, démuni de vaisselle. Qui s’y risque oublie et tète ; par pots, par groupes de pots, par vasques entières dans certains cas. Mais il y a au four tant de gratin de fromage, tant de gruyère vitaminé, que moi-même, et toute autre personne, n’ai pas encore réussi à me régaler, à me sentir comblé. Immonde en effet ce plat empli de gruyère, qui fait d’un régal une arnaque. Je cherche les fétus, les menus fragments lamentablement enrobés, privés de friture.

Russell Beljabout, Pourquoi je n’ai pas de frites et suis ivre.