Accueil L’oulipienne de l’année Il se penche il voudrait attraper sa valise
Le mûrier murmure (...) l’homme sans valise

Page précédente

Le mûrier murmure
Accomplissons le destin
qui nous claquemure
Te souviens-tu d’un festin
au dôme de murrhe
Un nuage au goût de fleur
est-il une orange
Passe troublé voyageur
la frontière étrange
Un grand cycliste devant
te protègera du vent
Au dessus du vide
tu t’élèves réservé
L’orage rapide
frappe et m’intimide
Le tableau que j’ai rêvé
devient translucide
Vois ces astres apaisants
insondable image
Tous mes livres sont présents
au sein d’autres plus pesants
Je bois ton visage
qui pense aux flots et jusants
La nuit accélère
ma danse au son dupliqué
Traverser l’artère
sans ma canne était risqué
La mort paralyse
l’homme sans valise


Ce poème évoque dans l’ordre les Oulipiens de l’année de 2005 à 2020.


Métatog : la lecture d’un nombre impair des premiers vers correspond toujours à un nombre premier de syllabes (5, 17, 29, 41, 53, 67, 79, 89, 101, 113, 127, 139, 151, 163, 173)
— et un nombre pair de vers à un nombre pair de syllabes :
5 + 7+5 + 7+5 + 7+5 + 7+5 + 7+7 + 5+7 + 5+5 + 7+5 + 7+5 + 7+7 + 5+7 + 5+7 + 5+7 + 5+5.
C’est la plus longue solution employant des pentasyllabes et heptasyllabes, à quelques échanges possibles près. Par exemple, beaucoup de stophes 7+5 auraient aussi pu être présentées dans l’ordre 5+7, mais j’ai volontairement cherché à imiter au mieux la métrique japonaise. Les perturbations rythmiques sont la petite originalité par rapport à cette tradition — en plus des rimes qui sont généralement évitées.