Accueil Les oulipiens de l’année Crochet à goutte d’eau
La voie lisse

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Selon Olivier Salon, assaillir la voie, si lisse, ne se réalisera ni en valse, ni en salsa !
Ni saillie, ni œil, ni ravine : rien ! Rien ne s’évase… Rien ne sera vissé là !
Ni le lien serré, ni la liane à virole ne servira !
Lisse, rase, la voie se resserre, se renverse.
Il salive, il ravale… il se laisse aller à ses visions irraisonnées… Là, isolé, il a le sale rôle… Le soleil assène ses rais… Olivier sera rissolé, rassis, essoré !… Il râle : « Ô vérole ! La soirée sera sévère ! »
 
Non ! Se ressaisir ! Livrer ainsi sa vie à la voie, sa rivale ? Non !
Il se ravise : « Allons, non ! » Rasséréné, il se raisonne. Il se rallie à la vision inverse : l’esse le ravive… L’esse, la « réserve », l’esse virile va servir ! Il l’insère… Là ! Voilà l’esse assise ! Il la selle… Si elle ne se vrille, il assoira là son rêve.
Il s’élève : arriver à saisir la saillie arasée !
 
Vois le sol, si loin… !
Ô ! Réelle ivresse !
L’air s’irise, l’air résonne.
Le soir, Olivier verra les serises… il sera rassasié !
(s’il se laisse aller à l’envie… il se salira… enseveli !)
 
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Essai insensé selon Olivier Salon : « El valor en las sierras » (*)

(*) « Le courage dans la montagne »
Plus précisément, ce lipogramme est un « beau présent », employant les seules lettres du nom d’Olivier Salon.