Accueil Les oulipiens de l’année La nuit
Étoile naine

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et triste
ouvrant insanes lèvres
élude et tait
obscur il leurre

elle espère tant
oblique instant
lui erre en terre ombreuse
il l’évite

et tout obère ici les envies estompées

temps ôté
instinct laid
emportement

elle tonne objurgue
il lisse et excuse tout
ombre indigence lourdeur embrouilles

elle tente obstinée il louvoie

êtres envasés tels ombres inhumées
long ennui engluant tout

oseront-ils ?

langues embrouillées
élan tué
où irait leur envol étriqué ?

tenir oeuvrer imaginer l’espoir
étreinte terne où ils lient existences épaisses
transaction où ils lavent et effacent tout :
offense irraison lâche et espérance tarie

où ira leur envol ?

épais taillis oasis isolées
lagons écluses endormies taïgas
océans îles

lassitude en eux tourne orientation
inverse l’emportement en tendresse
ourdit intimité

longue enroulent étreinte
tressent ondulements
irradient lentes étincelles

embaumez troène opalin
iris lilas épanoui
exulte tourterelle oublieuse

ici lentement éveillée
éclot
toute orange
inquiète laborieuse et enfiévrée
toute oscillante
ivre
l’étoile

La première lettre des mots successifs répète E T O I L E E T O I L E E T O I L E etc.
L’auteur nous confie avoir procédé en deux temps :
1) Introduire de force les premières lettres dans le texte :
La nuit... Quand nous aurons allumé le feu, nous ne pourrons (...)
devient :
Ea Tuit Ouand Ious Lurons Ellumé Ee Teu Oous Ie Lourrons (...)
2) Redonner du sens en choisissant chaque mot le plus proche possible de celui qu’il remplace.