Accueil Les oulipiens de l’année Crochet à goutte d’eau
Crochet auto-révérentiel

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Le crochet n’est plus compact, ni lisse. Imberbe
Nous avons fait pousser sa barbe, pour le barrer.
Partout nous lui avons creusé des trous, à l’œil.
Sans arrêt sur lui nous sommes ancrés.
À chaque mot nous avons fait une entorse.
Une voix toujours en nous appelle le fablier.
 
Lorsque l’inspiration fait défaut et que l’assurance de l’âge recule devant l’impossible.
Il reste un moyen. Clinique. Ultime.
La réserve des grands as.
 
Il faut créer des tropes, rien moins que des goutte d’eau.
De simples tropes, pointus et acérés.
Votre âme sonne au granit.
Vous attachez à chaque mot qui saille un tout petit hexamètre.
Voilà, cela est osé.
Au premier mot trois pieds, et encore trois pieds, cela fait presque une marche.
Vous respirez.
Le guide de vos pieds est la marche intérieure.
Le texte ne prend corps que lorsque tout est chargé dans votre cervelle.
Très lentement, vous substituez à chaque mot choisi son hexamètre, attention il ne faut pas rater l’encoche.
Progressivement le texte est d’aplomb, prend du cachet.
Au fur et à mesure, les tropes enfoncent leur pointe dans votre caboche et se trouvent consolidés.
Dans votre for intérieur vous vous élevez.
Évitez à tout prix de ne rien garder qui ne vous satisfasse entièrement.
Un air inconnu vibre.

Par hzenon