Accueil Les oulipiens de l’année Crochet à goutte d’eau
Crochet à z’amis

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La solitude est compacte. Lisse. Terrible.
Parfois pas la moindre fissure pour l’enrayer.
Pas le moindre trou pour lui dessiner un œil.
Pas la moindre tête pour l’échancrer.
Elle surplombe le corps.
Et la trappe se nomme « L’assiégée du vide ».
 
Lorsque l’aménité fait défaut et que tout amical arrimage est impossible,
Il reste un moyen. Unique. Ultime.
La réserve des grands tas.
 
Vous prenez un crochet à z’amis.
C’est un simple crochet à l’étal, obtus et aéré.
Un hameçon pour amis.
C’est Facebook, le magasin d’amis.
Vous y avez déjà votre mur qui saille,
D’un tout petit millimètre.
Vous y suspendez un écriteau à trois niveaux.
Vous déclinez identité, goûts, désirs.
Tout cela peut être faux.
Vous respirez.
Et vous chargez lentement tout le poids de votre imaginaire sur cette simple margelle.
Très lentement. Toute idée forte matée.
Au fur et à mesure des rencontres virtuelles, le crochet enfonce sa pointe dans une poche et se trouve consolidé.
C’est votre poche d’amis.
Vous êtes comme unique en réseau.
Évitez à tout prix de regarder sur quoi repose cette amitié.
Votre clavier brûle.

Par hzenon

D’après Jean-Jacques Delfour, professeur de philosophie :

« Le nom est vraiment beau : "le livre des visages". Il pourrait séduire les amoureux des livres et ceux pour qui le visage est le lieu où l’humanité apparaît. Ce prétendu "réseau social" est en réalité une entreprise qui a pour activité principale de... »

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