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Complainte au grenier

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Cell’ qui grimp’au grenier, c’est Anne et Jocelyne
Anne s’en va chantant et Jocelyne soupire.

 Qu’as-tu à soupirer, gentille Jocelyne ?
 J’ai trop gros cœur en moi et n’ose te le dire.
J’me suis mariée un jour et j’ai l’amour en friches,
le soir Martin s’en va, chasser loin du nid, tard.
 Si tu n’as plus d’amant, il faut que tu t’en fiches,
ton vieux coq perdu, n’vaut point jeune renard.

Arrivées sous le toit, voilà qu’Anne déchante,
ce n’est que pouillerie qu’il faudra dégager.

La dame s’en va buter contre malle méchante,
Pousse-toi de là, vilaine, que tu me fais rager !
Aux oreilles soudain, sale rossignol chante,
ce coffre a du gosier, il faut le faire bailler.
Dans un ballot de chanvre, à la chandelle vive,
découvre cinq os longs et un crâne rayé.

C’est la quête de Martin, pourquoi il s’active,
renard devra ruser, vieux coq va chanter…

A la manière de la Complainte de la blanche biche (chanson du répertoire médiéval).