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Chronyqve dez Khathorze trèz Charythables Sollycithvdes Nithardéennes
Après King-Kong, Zorro, Tarzan et Robin Hood,
Nithard au box-office a grillé Hollywood.
La scène du grenier donne à chaque accessoire
son effet narratif, fût-il poêle ou passoire.
Qu’a le ciné ?
Qu’à ce rôle ?
Ce fétide grenier
ne sent-il la morue
oubliée encor crue
sur planche à cisailler ?
Qu’a billot ?
Contre un vieux rossignol pêle-mêle entassés :
un Nautilus réduit, une boîte à musique
tournant un boléro tant que c’en est assez,
la grotte de Staffa, la nef pour l’Amérique...
Qu’a Verne ?
Qu’a Ravel ?
Quoi dans cette mallette...
des nonos à Milou ?
Ou plutôt un squelette
gorgé de philtre flou.
Qu’a niche ?
Qu’a momie ?
Quel oubli nous raconte
lointaine Geste du
sang bleu Prince ou Vicomte
au crâne pourfendu ?
Qu’a Duc ?
Le grand patron Nithard
se prit une raclée.
Est-ce effet de coquard,
si sa tête est enflée ?
Qu’a Boss ?
Qu’a bosse ?
En comptant le carbone on peut dater relax
tibias et fémurs... mais combien le thorax ?
Qu’a torse ?
Dame Potié pâlit comme on eût pu repeindre
un fiacre chatoyant en camping-car blafard.
Son teint de céleri tout soudain nous fit craindre
qu’au-delà l’Achéron son train suivît Nithard.
Qu’a rave Anne ?
— N’est-ce douce prison qu’un sachet de plastique ?
dit Nithard, emballé d’un tel confort thermique !
Qu’a geôle ?
Qu’a chaud ?
