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Chantons sous l’opium

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La maison assurait aux occupants un confort plutôt suffisant. Il dormait sur un sofa, un lit d’appoint pur jus. Son corps alangui incurvait un gros coussin mis sous un bassin fort abondant. Son roupillon l’attira sous l’horizon d’un carafon d’opium qu’il lampait : ça lui fit crac-boum sous l’occiput ! Il prit alors un coup bas à l’assaut du mot "punching-ball", signifiant par là l’obligation d’un discours sans jargon, moins qu’ambigu : au final, s’affirmant d’un pas dansant, il dit tout haut à un miroir - "soit un truc fonctionnant par aspiration, un dispositif consistant toujours discordant qui garantit un goût parfait pour durcir la libido, grosso-modo ça s’accomplit sans complication, un vrai duo s’auto-parcourant la nuit rapido, tu vois un jour filtrant tropicalisant sinusoïdal continu au prix d’un fil qui court du hard rock US façon 80" - tout ça paraissait avoir pour lui la constitution d’un vrai pont survivant à l’oubli, tandis qu’il imaginait, dans son noir abyssal bruissant d’alcool, l’accord distinct d’un son duo-dissonant bord sur bord.


Lipogramme en E.