Accueil Les oulipiens de l’année La nuit
Anathème

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Je m’en allais, les pieds sur les routes pavées ;
pour joindre les Testut, en un temps crucial ;
J’allais sous le ciel, Muse, je chantais Roberval ;
Oh ! là là ! que de vies ouvrières grevées !

Ici point de parlotte, on se tait peu ou prou.
On a voté contre le diktat de la bourse
La grève. Ça gamberge et, là, sous la Grande-Ourse
on se croit en congé, on rêve de Pirou.

J’en vins à fustiger l’entreprise voyoute,
Ce froid soir de janvier où il n’y a qui coûte
Que le feu allumé, comme un hypnotiseur ;

Où, rimant au milieu des luttes fantastiques,
je rêvais d’infini, blessant la poétique
De mes quatrains, tercets, douze pieds de faiseur.