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Anaflammes

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Je fis un feu
L’espoir m’ayant abandonné
Un feu pour ne plus voir la nuit
Un feu pour nous hypnotiser
Dans la nuit de l’entraide,
Un feu contre l’ingratitude.
Je lui donnai ce que la lutte
M’avait donné,
Le feu cuivré des boulons au plafond,
Le feu glacé de la lune à minuit
Un feu pour oublier qu’il fait frisquet
Un feu pour la solidarité
Un feu pour s’aérer
Un feu pour respirer.

Je vécus en sursis
Lui donnant
La mer et son absence,
Le camping en avance,
Le ciel , signe d’infinitude.

Je leur donnai
Une étoile allumée,
Une étoile oubliée,
Une étoile éclipsée,
Une étoile mort-née,
Aux compagnons de solitude

À la manière de Paul Éluard, « Je fis un feu ».