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Le vent balaie… (tirage à la ligne)

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Chaque texte a été écrit à plusieurs mains, chacune des "mains" puisant les éléments d’une photographie ou d’une étiquette qui lui était propre. Le résultat est assimilable à un collage hybride photo-littéraire.
Communes à tous les textes, les 2 phrases de début et de fin ont également été écrites par tout le monde, un mot à la fois, la feuille passant à toute vitesse de main en main.

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Le vent balaie les vieilles habitudes et fait fuir les mauvais souvenirs.
Heureusement que ma fourrure me tient chaud, quoiqu’elle commence elle aussi à s’élimer, que voulez-vous ?
Nul n’échappe à l’érosion, et surtout pas le tissu urbain.
Adieu façades borgnes, clapiers insalubres et marchands de sommeil !
Que s’exprime la loi divine de la nature et que les panthères croquent les loups.

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Le vent balaie les vieilles habitudes et fait fuir les mauvais souvenirs.
L’urbanisme est une amnésie qui nous conduit au paléolithique.
Sur les ruines une vie nouvelle va renaître, plus sauvage et plus primitive, où chacun redeviendra bête fauve échappée de l’hébétude.
Alors les mutants de l’espèce humaine, poilus, griffus, mus par leur pur instinct, se jetteront les uns sur les autres, n’obéissant qu’à une seule règle :
« Que s’exprime la loi divine de la nature et que les panthères croquent les loups. »

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Le vent balaie les vieilles habitudes et fait fuir les mauvais souvenirs.
Rejetons-les comme des grains trop verts et attendons que vienne la monture qui nous tirera de ce cauchemar : moûture et monture, tout est dit.
Il faut, parfois, torréfier le temps et savoir disparaître à cheval pour resurgir un jour de février, par exemple.
En mars viendra la guerre, et nous n’aurons jamais assez de café pour trouver l’énergie de nous entretuer.
Que s’exprime la loi divine de la nature et que les panthères croquent les loups.

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Le vent balaie les vieilles habitudes et fait fuir les mauvais souvenirs.
Le faucon au regard perçant s’est envolé, sûr de retrouver le joyau tant convoité.
Fût-il assez tenace pour le prendre, le voler, le dérober, ce merveilleux bijou n’est point assez commun pour délivrer la sentence de cette opportunité grossière !
Des fenêtres le regardent. Bientôt des portes s’ouvriront et sur le pavé luisant, sorties des ruines, des bêtes fauves attaqueront la meute née du vent, par le charme d’un faucon.
Que s’exprime la loi divine de la nature et que les panthères croquent les loups.

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Le vent balaie les vieilles habitudes et fait fuir les mauvais souvenirs.
Il se lève sur nos champs de maïs d’où la fraîcheur s’envole et retombe comme des gouttes sur nos pauvres lattes qui faisaient office de toit et d’où la pauvreté se sentait à plein nez quand notre loup s’est fait tuer par le premier sauvage venu.
Du temps où je n’avais qu’un pauvre sou en poche, j’allais le dépenser à la guinguette : non en genièvre, mais en bon café chaud du pays des fauves.
Loi humaine, es-tu toujours loi de la jungle, faucon prédateur, ou cheval piaffant ?
Que s’exprime la loi divine de la nature et que les panthères croquent les loups.

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Le vent balaie les vieilles habitudes et fait fuir les mauvais souvenirs.
Avec le temps, va, tout s’en va, tout sauf le parfum du café fraîchement torréfié, et la musique de la bouilloire d’où jaillit un torrent fumant.
Je ferme les yeux puis j’inspire profondément, me laissant porter par le cours d’eau.
La rivière emporte doucement l’odeur de sang des tueurs de poules jusque dans les profondeurs de l’océan ; encore ces maudites panthères !
Que s’exprime la loi divine de la nature et que les panthères croquent les loups.

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Le vent balaie les vieilles habitudes et fait fuir les mauvais souvenirs.
Sur le lac, une riche embarcation, occupée par une belle aux allures princières, part à la dérive.
Semblant perdue dans ses pensées, la rêveuse ne perd jamais le fil. Le juste retour des choses doit s’accomplir.
Ainsi de l’eau qu’à noircie son café : tourbillon d’ébène dans une tasse ce matin, nuage immaculé sur l’océan avant-hier, sur la savane après-demain.
Que s’exprime la loi divine de la nature et que les panthères croquent les loups.

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Le vent balaie les vieilles habitudes et fait fuir les mauvais souvenirs.
Tout cela file à la rêveuse, cela file, philosophe : à qui songe-t-elle ?
Voici la mort.
Cette mort guidée par la vengeance, longuement préméditée, la jeune femme portée par les eaux vogue vers son destin.
Que s’exprime la loi divine de la nature et que les panthères croquent les loups.

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Le vent balaie les vieilles habitudes et fait fuir les mauvais souvenirs.
Regarde au loin, tu verras des saisons austères dont il faut se méfier.
Le vent bat le pavé, la rumeur murmure, enfle : les gens jasent, bavardent, bavassent, une bagarre éclate.
Il faut garder le fil, même si tout n’est que songes, le fil qui nous conduit à renverser l’ordre établi... et ne faites pas cette bobine !
Que s’exprime la loi divine de la nature et que les panthères croquent les loups.

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Le vent balaie les vieilles habitudes et fait fuir les mauvais souvenirs.
Une femme, assise sur le pavé, observe les passants et se souvient de cet homme qui un jour lui fit un présent…
En effet, ce legs de fourrures avait longtemps perturbé les spectacles de ce clown africain qui circulait dans le désert inhospitalier et livré aux bêtes sauvages. Mais il était fataliste : il adviendra ce qui doit arriver.
Car c’est écrit, le destin est inexorable, contre ces figures animalières vengeresses vous ne pourrez rien.
Que s’exprime la loi divine de la nature et que les panthères croquent les loups.

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Le vent balaie les vieilles habitudes et fait fuir les mauvais souvenirs.
Chantoula le clown africain n’avait plus rien à perdre. Maintenant avec son pantalon à carreaux, son nœud papillon à pois, il pouvait jouer de la guitare sans complexes dans l’immensité désertique.
La nature reprend ses droits : une vie foisonnante recouvre les cendres du passé, les fenêtres s’ouvrent sur l’avenir.
Assis devant la gare, l’étranger fait le pitre, fait la manche, il raye son passé et rêve du futur ; mais attention à notre monde de sauvages, car ici point de legs, peu de solidarité, ici il faut...
Que s’exprime la loi divine de la nature et que les panthères croquent les loups.

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Le vent balaie les vieilles habitudes et fait fuir les mauvais souvenirs.
Époque des vaches maigres, de topinambours et de rutabagas, de soirées frileuses, réchauffées par les récits des anciens.
Il n’en faut pas beaucoup cependant pour que je retrouve le goût du sang dans ma gueule et après tant d’années d’efforts végétariens je me rappelle les mots de ma mère-grand :
« Vis ta vie comme tu l’entends… quitte la Sibérie pourvoyeuse de fourrures et va retrouver tes ancêtres africains, danse au son de la guitare, revêts les habits de lumière, jaune et rouge des clowns libérés !
Que s’exprime la loi divine de la nature et que les panthères croquent les loups. »