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Entendre que personne ne marche

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Entendre que personne ne marche et que les chariots ne roulent pas sur les pavés du marché au poisson. Que la pluie a cessé et que seule tourne la girouette au sommet de l’orphéon, au centre de la place, vide à l’exception peut-être d’un point flou en bas de la photo, devant une étale, provoqué soit par une goutte de pluie sur l’objectif, soit par un retardataire resté là et bougeant pendant la prise de vue. C’était bien la peine de se lever à cinq heures de matin par ce froid de gueux pour avoir la place vraiment nue, rincée par la pluie et enfin ne plus entendre ces braillardes de poissonnières, ces gueulards de haleurs et les chiards des bourgeoises !
Goûter le poisson qui a quitté au premier plan les étales surmontées d’une toiture ouverte qui fait presque le tour de la place.
Sentir le bois des tonneaux et des planches des étales imbibées de poisson, la pluie et les déchets laissés sur le sol.
Toucher du pied les pavés humides et glissants, toucher du doigt le zinc mouillé et luisant sur le toit de l’orphéon en pierre.
Voir les lanternes, éteintes, puisqu’il fait jour, même si le ciel est couvert : celle sur tout premier plan à gauche de la photo et les deux à l’arrière plan, le long des façades de pierre blanche de l’autre côté de la place, là où part une rue vers la gauche.

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