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Zazie dand le Nithard

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Anne et Jocelyne ouvrirent la porte.

- Doukipudonktan ? hurla Anne, on dirait des latrines enkylosées, du cafard empilé qui prend la poudre d’escampette, ça dégouline partout dans l’hémisphère... y a kekchose, cette cuvée de poussière pisseuse qui fait tomber les toiles d’araignées, qui sale les fientes … Heulà position à s’tamponner le tarin !

- Y a quequn ? cria Jocelyne, y a personne ? Oui, personne n’était monté depuis que l’on sent, c’est pas tout plein d’foireux d’ici !

Elles charmèrent le milieu des rossignols, des meubles et ventres des rebuts d’un pas hésitant : à la vie danse tout ce qui n’est pas à jeter, dit la science pliée.

En repartant, l’oreille d’Anne buta contre un quart de ton poussiéreux, un son étrange de carton qui bâillait, fendu par l’humidité : ç’tuilà, mon cul c’est pas d’la bouillabaise pensa-t-elle. Par curiosité, elle élargit l’ouverture à l’écorcher, en sortit un sac pas élastique ; y avait un crâne fendu à l’hémistiche.

 Ah, le puant tonna Anne
 Enfin, s’écria Jocelyne, c’est ç’tui-là de mon mari que j’ai tué d’un coup de hache y a vingt ans, je l’avais perdu depuis !