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Vers le noir

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5. La saga n’est pas très fun, c’est sûr. Mais l’idée de la dire dans
ce sens-là, de la fin vers la tête, tel un film qu’on voit en
play-back, lui rend tout son sel. Elle en ôte le côté trop plat, mais
oui, et nous fait voir d’un coup sous un jour tout neuf un fait qu’on
eût cru trop usé à nos yeux.


Il pose le pied au bord du pavé et émet un gros « ouf ». Les pas de la
fin ont été les plus durs. Un peu plus tôt, il a bien cru ne pas en
voir le bout. Mais quoi, il y est allé d’un pas sûr, avec en tête les
mots de St-Ex : « On ne voit bien qu’avec le cœur, le vrai fond n’est
pas fait pour les yeux ». Pour le coup, il est fier de ne pas s’être
muni de son club pour ce raid au bout de la rue. De ce fait, nul ne
peut dire que si les gens ont pris soin de lui, c’est pour ne pas
tuer un type qui ne voit rien.

Ici, nul mot ne fait cinq, six, sept ou plus, de long. On ne va pas plus loin que deux plus deux.

Note de l’éditeur : ce texte est classé abusivement dans la rubrique "monosyllabes", mais la contrainte peut s’y apparenter tant les mots sont brefs.