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Soirée dramatique à Sainte-C

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Centre hospitalier de T., le 31 décembre 2010
 
Madame, Monsieur,
 
Vous voudrez bien trouver ci-joint mon formulaire complété de déclaration de sinistre.
Je vous en résume succinctement le contenu.
Le sinistre a eu lieu la nuit du 31/10/10 au 01/11/10. Je vous rappelle qu’à la suite de cette nuit-là, notre commune de Sainte-C. a fait l’objet d’un classement en zone sinistrée et a entamé une procédure de constatation de l’état de catastrophe naturelle.
Les faits sont les suivants : ayant écouté l’alerte rouge météo concernant la région, j’étais rentrée au plus tôt du travail et lisais dans le salon.
L’ouragan a débuté de façon très soudaine par un coup de tonnerre d’une grande violence et la foudre est tombée sur l’antenne de l’immeuble. Il se trouve que j’avais laissé allumée la télévision sur la chaine Météo afin de suivre l’évolution des prévisions (téléviseur LCD 40", 102 cm acheté 15 jours auparavant, facture jointe). L’implosion de l’écran plasma m’a projetée hors du canapé et c’est à ce moment que je me suis luxé l’épaule (voir plus bas). J’étais alors dans le noir car l’ensemble de l’installation électrique avait fondu (voir devis de l’électricien ayant effectué l’expertise). Encore sous le choc, j’ai oublié que j’étais pieds nus et alors que je me précipitais dans l’obscurité pour fermer la fenêtre ouverte par les bourrasques extrêmement fortes qui s’étaient alors levées, j’ai marché sur les bouts d’écran répandus sur le tapis (certificat médical en pièce jointe). Ceci explique que je n’ai pu aller refermer la fenêtre et le dégât des eaux qui s’ensuivit (voir le compte-rendu de votre expert).
Réfugiée dans un coin du salon, j’ai vu passer devant la fenêtre béante des arbres déracinés et divers objets dont un gong qui a terminé sa trajectoire dans le pare-brise de ma voiture garée devant l’immeuble et dont les vibrations ont longtemps résonné malgré le vacarme assourdissant (devis d’Olivier de chez Carglass).
Quand tout s’est calmé, j’ai été secourue par les pompiers volontaires du village. Néanmoins comme ceux-ci n’avaient pas encore suivi la totalité de la formation requise, leur tentative de réduction de ma luxation a été "une catastrophe" de l’avis du chirurgien qui m’a opéré deux fois et qui a constaté un "décollement capsulo-périosté à la partie antérieure de la glène probablement avec rupture des tendons de la coiffe des rotateurs dû à une absence d’identification du signe de Berger par les intervenants initiaux" (voir les compte-rendus d’opération). Toujours à l’hopital, où je suis un traitement antibiotique lourd (infection nosocomiale consécutive à ma deuxième opération, voir rapport du laboratoire d’analyse), je vois aussi régulièrement un psychothérapeute qui me traite pour les crises de panique qui me
saisissent au moindre bruit (il vous envoie un courrier spécifique).
 
J’espère que mon dossier est maintenant complet.
 
PS : je vous remercie pour le paquet envoyé gentiment par votre agence
pour le Jour de l’An en tant que "plus gros dossier de l’année". J’ai
néanmoins dû abandonner la lecture de la BD qui m’a obligé à doubler
les doses de Xanax.