Accueil Les oulipiens de l’année Vers à soie
Soie de vers

Page précédente Page suivante

Ah ! comme les vers ont mangé !
Leurs feuilles jamais ne les enivrent.
Ah ! comme les vers ont mangé !
Qu’est-il écrit dans le grand livre ?
À l’abri, même mensonger !

Tous les cocons baignent, scellés,
Les larves sont noires : en mangerais-je ?
Tous les cocons se font filer :
La soie reste seule, sortilège
Dont les bombyx s’en sont allés.

Pleurez, magnans de février,
Au service futile de l’improbe,
Pleurez, magnans de février,
Pleurez la belle, pleurez sa robe,
Aux branches du si blanc mûrier.

D’après Soir d’hiver, d’Émile Nelligan et les Vers à soie de Jacques Roubaud.