Accueil Les oulipiens de l’année Je regarde le bistrot
Prose pour des étreintes

Page précédente Page suivante

Hyperbole ! De bleu la voir
Triomphalement elle est nue
Et je rêve aujourd’hui du soir
Vers un bistrot la mer venue.

Déjà s’installe en conscience
Le rythme d’un coeur sensuel
Qui oeuvre par expérience
En vue de l’acte sexuel.

Nous reposons nos deux visages
Ce que je vois si près du tien
A le charme des paysages
Empourprés de bleu vénitien.

Plus près l’autorité redouble
À mettre l’esprit au crédit
Du vaste regard qui me trouble
J’en veux détourner l’interdit.

La courbe de l’iris son site,
Qui en mesure l’anxiété,
S’arque me mord : un rien l’excite
Tel un orage en plein été.

Le bistrot dans l’île décharge
Lumières glauques érections,
Ta fleur s’étala bien plus large
Avant même que nous buvions.

Toile immense douce lagune
Je vois bien qu’elle se para
Lucide contour sans lacune
Rien d’anodin nous sépara.

Gloire du long désir codé
Tout en moi s’exalta de voir
Une fée le corps dénudé
M’abreuver à son bleu miroir

Mais cette soeur sensée et tendre
Reportait son regard plus loin
Un sourire peut bien se rendre
D’occuper mon ludique soin.

Oh ! Sache l’esprit d’un vertige
À cette heure où nous nous taisons,
Tu vis multiple ton prestige
Grandissait trop pour mes raisons.

Dénonce l’auteur, sa dérive
Quand son jeu monotone ment
À vouloir que l’ampleur arrive
Lors d’un premier débordement.

Tu jouis sous le ciel d’une carte
Sans fin attestée sous tes pas
Par le flot même que j’écarte
D’un bistrot qui n’exista pas.

Par hzenon

Les rimes du poème de Mallarmé sont en principe respectées.