Accueil Les oulipiens de l’année Je regarde le bistrot
99 notes préparatoires

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1. A écrire in situ (t’imagines !)
2. Bistrot, bar, café, troquet, pub, taverne, estaminet… L’embarras du choix
3. Vérifier l’étymologie de smog (smoke + fog ?)
4. Pourquoi le français ne possède-t-il pas un mot-valise équivalent (brouillard + fumée = broumée ?). Comme une broumée parisienne
5. Au moins trois ou quatre pubs à Bourges. Y a-t-il un bar berrichon à Londres ?
6. Penser à un éclairage d’aquarium (l’eau, la lumière)
7. Au milieu des poissons, au milieu des boissons
8. Peut-être écouter l’Aquarium du Carnaval des animaux de Camille Saint-Saens
9. Thème musical qu’on retrouve dans le film Basic instinct
10. Dehors/dedans, dissociation. A propos d’aquarium, relire Axolotl de Julio Cortazar
11. « Les yeux des axolotls me parlaient de la présence d’une vie différente, d’une autre façon de regarder. »
12. « "Vous les mangez des yeux ", me disait le gardien en riant… C’était eux qui me dévoraient lentement des yeux, en un cannibalisme d’or. »
13. Le regard hypnotique des serpents. En parler : se lover, ramper (to crawl, encore la mer)
14. Ne pas écrire le matin, attendre le soir quand le jour se casse
15. Prendre une table contre le mur, face au bar
16. Eviter les heures d’affluence
17. Le brouhaha n’est pas propice à l’écriture ni au vertige amoureux
18. 18, c’est le numéro des voitures immatriculées à Bourges
19. Une vision me traverse : le tableau de Degas L’Absinthe. En voilà un qui savait regarder les bistrots.
20. Un verre ça va, deux verres : bonjour les Degas
21. Ecrire sur des sous-bocks, ça s’impose
22. Un sous-bock, c’est pour poser les vers
23. Villon, poète des tavernes, y a composé son Grand Testament. Environ 2000 vers, ça en fait des bocks !
24. Et Bukowski pour écrire les 400 pages de son recueil Un Carnet taché de vin !
25. Si mon verre se renverse sur mon sous-bock, où vont les vers ?
26. Qui m’a dit « A Bourges, tout est cher » pour s’excuser de ne jamais laisser de pourboire ?
27. Je n’ai pas tout compris.
28. À Bourges, à Bourges on boit. À Fives, on Bourjembois. Private joke
29. Le grand homme de Bourges, c’est le banquier Jacques Cœur. Il est mort en 1456 sur l’île de Chios.
30. Un banquier. Aujourd’hui, à Chios, ce sont des migrants qui meurent
31. Pour les Grecs, glauque est la couleur de la mer
32. C’est aussi la couleur des yeux d’Athéna. Théa Glaukopis Athéné. Par euphémisme, les traducteurs d’Homère préfère dire : la déesse aux yeux pers.
33. De glauque à glaucome, on en revient aux yeux
34. Qui laisse encore un pourboire aujourd’hui ?
35. En Belgique, on dit : dringuelle (dixit Henry Landroit)
36. J’ai vérifié. J’ai juste de quoi me payer deux bières
37. Relire La Chanson du mal-aimé d’Apollinaire : « Un soir de demi-brume à Londres… »
38. Dans les Aventures du Petit Nicolas, le surveillant de l’école n’arrête pas de dire : « Regardez-moi dans les yeux. »
39. Ce qui lui vaut d’être surnommé le Bouillon. (Question posée cette semaine au jeu des 1000 euros).
40. Taverne, brasserie… Ne pas oublier, typiquement parisien, le bouillon Chartier
41. La grande dame du Berry, c’est Georges Sand
42. « Elle me regardait profondément dans les yeux, raconte Chopin dans son Journal en octobre 1837, pendant que je jouais. Et ses yeux dans mes yeux, yeux sombres, yeux singuliers, que disaient-ils ? »
43. Dans les bars du Berry, le mot chope est masculin : « Un chope, un, en terrasse ! »
44. Strawberry fields for ever
45. Strawberry daiquiri aussi
46. Daiquiri vendredi, dimanche vomira
47. En fin de soirée, tous les Berruyers sont noirs.
48. Alors, l’étendue de ses yeux, mer ou océan ?
49. Si je colle un génitif, ça fera « océan de » ou « mer de »
50. Ça porte bonheur
51. A Bourges, je parle de mer. A Pirou, je parlerai du palais Jacques Cœur
52. Les premiers occupants du Berry, avant les Romains, étaient les Bituriges Cubi : un nom prédestiné
53. Et Bourges s’appelait Avaricum
54. J’ai lu ça dans la Guerre des Gaules
55. La peste soit de l’avarice et des Avaricum
56. Laisser quand même un pourboire
57. Refuser qu’on vienne s’installer à votre table
58. Surtout les Oulipiens
59. Sauf s’ils sont prêts à payer la tournée
60. Désigner alors un capitaine de soirée (Sam !)
61. Paraîtrait que Sam est l’acronyme de « Sans Accident Mortel »
62. Ce qui semble tolérer les accidents non-mortels !
63. En flamand, le volontaire sobre est appelé Bob. Acronyme de « Bewust Onbeschonken Bestuurder » (Conducteur non-alcoolisé conscient). Ç a me semble plus juste.
64. Juste le bleu de tes yeux
65. J’ai envie d’un curaçao
66. Se poser assez longtemps devant les Noctambules (Nighthawks) d’Edward Hopper
67. Se laisser absorber par les immensités bleues de David Hockney
68. Lu dans Marie-Claire ce portrait de l’acteur Charles Berling : « Cet homme a faim. Il ne déjeune pas, il mange. Il boit des yeux les femmes, comme il doit dévorer les textes, les sexes. » Boire des yeux ou boire les yeux ?.
69. Quelle différence entre « boire des yeux » et « manger des yeux » ?
70. Ici, à Bourges, on se souvient du concert de Charles Trenet sous chapiteau devant 4000 personnes. La mer qu’on voit danser…
71. Le long le long des golfs… pas très clairs. Selon Alain Bashung.
72. Rêver d’une lecture publique à Bourges, sous le même chapiteau, pour mes 74 printemps
73. Evoquer Trenet me rappelle son plus grand fan, Cabu. Le Grand Duduche aurait été du genre à ne consommer que les yeux de la fille du proviseur. Sobre et amoureux.
74. Opter pour l’alexandrin ?
75. Des alexandrins à la louche. Des alexandrinks au troisième alexandra
76. Pareil pour les rimes. En mettre en toute liberté.
77. Ponctuer
78. Ou pas
79. S’entendre sur ce qu’est l’eau des yeux : l’humeur aqueuse ? les larmes ?
80. Les yeux du bouillon se boivent
81. On dit aussi : ravaler ses larmes
82. Dans la légende de la sirène, boire une larme de sirène donnerait la vie éternelle.
83. Mœurs de soirées alcoolisés : to be drugged to the eyeballs = être complètement défoncé
84. Lu sur internet : pour être ivre plus rapidement, certains « boivent » de la vodka en la faisant passer par l’orbite des yeux. Résultat : coma éthylique et conjonctivite garantis.
85. Dans le Berry, on aime les ânes. La race locale, c’est le grand noir du Berry. Dans les brasseries, on vous sert des œufs en couille d’âne (sic).
86. Asinus asinum fricote…
87. Quelqu’un m’a parlé d’un bon éditeur en Belgique : l’Âne qui butine.
88. Rien que pour le nom
89. Mais plusieurs m’en ont dit grand bien
90. Châteaubriant (avec un t, pas comme le steak) a écrit : On ne saurait faire boire un âne qui n’a pas soif !
91. J’ai dans la tête ce poème d’Aragon chanté par Jean Ferrat : Tes yeux sont si profonds qu’en me penchant pour boire j’ai vu tous les soleils…
92. Et ça finit ainsi : Moi je voyais briller au-dessus de la mer les yeux d’Elsa
93. D’autres poètes ont chanté les yeux. Eluard : La courbe de tes yeux fait le tour de mon cœur… Et si je ne sais plus tout ce que j’ai vécu / C’est que tes yeux ne m’ont pas toujours vu.
94. Ronsard : Celui qui boit de l’amour de Cassandre, / Qui par ses yeux au cœur est écoulé, / Il perd raison, il devient affolé
95. Et ces deux vers du poète libanais Saïd Akl : Dans la profondeur de tes yeux / Il y a une supposition vaste de ce monde
96. Ne pas avoir peur de la concurrence.
97. Si tu te perds dans son regard, cesse d’écrire, cesse de boire, laisse-toi te perdre
98. Car alors tout est possible
99. Tais-toi et nage.