Accueil Les oulipiens de l’année C’est un soir de vent
Pangrammes progressivement paresseux

Page précédente Page suivante

Ce soir de vent frisquet, de tonnerre et de pluie, je bois mon whisky gazeux. En fez et k-way, je me plonge dans la lecture des exquis « Hauts de Hurlevent » en bande dessinée. Un brusque coup de tonnerre et la pluie persistante se change en pluie d’orage würmien, avec de joyeux éclairs nets ou diffus qui, dirait-on, zèbrent les frondaisons dans le kaki du soir. Par le cadre de ma bay-window s’infiltrent de minces fils pluvieux poussés par les coups de bélier que le vent assène contre l’abondance soudaine d’une pluie que ne veut ni homme ni gazon, pas plus que le tonnerre qui vous fait sauter comme un jeune, ou ce chinook qui arrive presque à étouffer le gong du soir.

Jozef Mathews, « Saint Dexter » (Paul Otchakovsky-Laurens, Belgique, 2000)

Toutes les phrases sont des pangrammes.