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Oranges de Tina

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— Padre ?
— Tu peux parler Tino. Dieu t’entend. As-tu péché, Tino ?
— Padre, est-ce pécher, quand Tina me montre ses seins dans le jardin ?
Ils sont gros comme des oranges !
— Un sein est un sein, Tino.
— Et elle m’a même demandé de les goûter, ils sentent la fleur,
Padre, ses seins.
— Un sein est un sein, Tino.
— Mais Padre, vous m’avez dit que le petit Jésus voit tout depuis son
nuage.
— Un saint est un saint, Tino.
— Vous m’avez dit qu’il voyait tout, même les limaces, alors, il les
voit, Padre ? Je veux dire : les oranges de Tina ?
— Tino, tu connais les paroles de l’Evangile : Dieu est comme la pluie
qui tombe du ciel sur ce petit chien de Calabre.
— Euh... Oui Padre... Mais je lui ai pas montré ma queue Padre, je vous
jure ! J’ai juste vu ses seins, il sont comme des oranges, avec deux
petites cornes dessus...
— Oui ! Oui, je sais ! Ca suffit ! Bon... Tu me réciteras deux pater. Ah,
et tu es gentil, tu enlèves la neige qu’il y a sur le parvis, c’est
déjà le troisième paroissien qui se casse la figure aujourd’hui !
— Génial ! Merci Padre ! Je vais raconter ça à mon copain Tito le
ramoneur, qu’il aille aussi les voir, les oranges de Tina...