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Mais qui a tué Ari ?

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Mais qui a tué Ari ?
 
Soir de vent, de son brutal et d’eau. Amie de l’eau et du son brutal, Catrine lit en ce soir humide certain opus de l’autrice Jane Brontë, « Ode au vent nocif », peu marxien, mais il n’y a pas que ce citoyen Marx pour faire cogiter qui croit aux dictons. L’âpre vent d’Odin court par l’ombreux soir, l’eau de Freia bat six troncs gris au bout du chemin, et Tor crie son son brutal encor et encor. Et encor ce gros coup de son brutal qui la cambre tandis que l’eau tape sur la vitre, l’eau que ne veut ni gars ni plant, pas plus que ce fichu vent qui en vient à amuïr, à faire taire, notre cymbal du soir.
 
Luc-Arim Arctiuz, « Crainte Catrine » (Kcuf-Pol, doux mil).

Note de l’auteur -
C’est une catrine permutant dans chaque phrase les mots soir-vent-son brutal-eau (prédominants dans le paragraphe). La catrine suit la séquence
1234 > 4312 > 2143 > 3421
Le texte est en outre conymique, c’est-à-dire que chacun de ses mots est composé de lettres de rangs tous différents modulo 7, selon une convention bien connue des compositeurs de musique. Les mots "tonnerre" et "pluie" (comme "quatrine" et "Harry" n’étant pas conymiques, il a fallu leur trouver des équivalents.