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Les vers à soie au pétard

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Les vers à soie murmurant ont pu traîner leurs grolles,
ils ne mangent pas ces farcis de bobards à la noix,
pleins d’un sucre qui atigent leurs guibolles
les vers à soie qui n’auront plus de voix

mastiquent les feuilles s’esbignant les mariolles.
Ça les endort mais condés de crécher dans nos bois
ils tissent un cocon rond au rif des roubignolles
à fil de bave, puis les soeurs ont payé leurs exploits.

En le dévidant on déflaque au barbu conjugal,
dont on fait pour sa régulière qu’aura grand mal,
belle et galamment qui portera son blaze.

Quand la dame meurt, une autre aller au pieu.
Avec elle on plante des cherreurs qui viennent toujours au lieu.
Un mûrier qui sans fin attend, et leur bouffe le naze.

Jabert Roubnos

Débuts des vers de "Les vers à soie" de Jacques Roubaud et fins des vers de "Le frère au pétard" de Cancale (Robert Desnos 1900-1945)