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Les plats regards

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Regardant mon bistrot dont la lueur est vague,
Vague comme clarté d’un brouillard londonien
Lumineux jus de chique arrêtant toute vague,
Nous fissurant, l’esprit, les yeux tout aussi bien,
L’un vers l’autre rampant, le coeur à marée basse.
La musique viendra dans le jour qui se casse
La boisson de tes yeux, lèvres tant asséchées
Avec le vent de l’est écoutez le chanter
Le bleu regard qui est le tien.

Mer immense masquant l’unique paysage,
L’autre est parti soudain sans laisser de pourboire
Le barman insidieux [1] alors nous dévisage,
Boire à l’heure tranquille où le lion peut boire
Le bleu de ton regard pour unique bonsoir,

Avec le vent de l’ouest écoutez le vouloir,
Le plat regard qui est le mien.

Extrait du poème À Namur de Ian Brel, in Poésie du Bistrot, Le plat regard, 2014


[1le barman un connard (variante monkienne :-))