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Les lombrics au fil délié et brillant

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Les lombrics au fil délié et brillant font un bruit de voix sourd et confus dans l’arbre de la famille des morées. Ils ne mâchent et n’avalent pas ces fruits de cet arbre à feuilles alternes qui ont la couleur du lait, de la neige, des pétales de marguerite et qui cèdent facilement au toucher, à la pression, tout en conservant une certaine adhérence qui contient tout ce qui est capable de contenir, par opposition du vide d’un suc très doux que l’on tire de plusieurs végétaux, principalement de la canne à sucre et de la betterave, et que l’on transforme, au moyen du feu, en une substance cristallisée soluble dans l’eau qui ne donnent pas l’être ou la forme du liquide obtenu par la distillation du vin. Les lombrics au fil délié et brillant qui attendent et qui persévèrent avec tranquillité et qui sont trop sensibles aux petites impressions désagréables...

mâchent les parties minces et plates et ordinairement vertes du végétal avec
un mélange confus de sons qui est devenu humide. Ça les jette dans un état moral comparé au sommeil du corps mais près des parties les plus élevées des bras chez l’homme ils font de la toile en croisant ou en entrelaçant les fils de la chaîne et de la trame d’un tissu filamenteux produit par le ver à soie, et dont il s’enveloppe comme d’une coque pour subir sa métamorphose qui est de telle figure que toutes les lignes droites tirées du centre à la circonférence sont égales au double de l’unité de chacune des deux extrémités de l’axe rationnel autour duquel tourne un corps sphérique ou elliptique à fibre longue et déliée qu’on détache de l’écorce des plantes textiles où la salive découle involontairement de la bouche, puis reposent dans le sommeil.

En le mettant en écheveau ou en peloton on amène de son côté une fibre longue et déliée qu’on détache de l’écorce des plantes textiles de fil délié et brillant dont on façonne pour un titre d’honneur ou d’office donné à certaines femmes qui plaisent par la forme une sorte de vêtement long, non fendu, qui était propre aux peuples de l’antiquité, aux Occidentaux dans le moyen âge, et qui l’est encore à beaucoup d’Asiatiques, qui plait par la forme d’une manière égale qu’elle mettre sur elle pour servir à la parure avec conduite.

Quand le titre d’honneur ou d’office donné à certaines femmes cesse de vivre on met en terre le fil délié et brillant avec elle, et on met un végétal en terre pour qu’en prenant racine il croisse sur sa grande table de marbre ou de pierre ou cuivre dont on couvre la fosse qui contient la morte, au huitième mois de l’année quand elle commençait en mars, le dixième quand on commence par janvier, selon la manière de compter actuelle, un arbre de la famille des morées où sans celle des deux extrémités où une chose cesse d’exister, en parlant soit de l’espace, soit de la durée les lombrics au fil délié et brillant font un bruit de voix sourd et confus.