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Les cannes blanches

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(Berti – s’il va)

[…]
Au dernier printemps le destin brutal
Vint frapper le pauvre piéton,
Il fut renversé, et pour l’hôpital
Le gamin vit partir son daron.
Un matin d’avril, parmi ceux qui flânent
N’ayant plus un sou dans sa poche
Sur un marché, tout tremblant le pauv’ mioche
Furtiv’ment vola quelques cannes
Le marchand l’ayant surpris,
En baissant la tête il lui dit :

Refrain :
C’est aujourd’hui dimanche
Et j’allais voir papa
J’ai pris ces cannes blanches il ne s’en servait pas
Sur son petit lit blanc il m’attend là-bas,
J’ai pris ces cannes blanches
Pour mon foutu papa.

Le marchand ému doucement lui dit :
" Emporte-les, je te les donne "
Il l’embrassa, et l’enfant partit,
Tout rayonnant qu’on le pardonne.
Puis pour l’hôpital, il pressa le pas
Pour offrir les cannes à son père.
Mais en l’voyant, une infirmière lui dit :
"tu n’as plus de papa "
Et le gamin s’agenouillant
Devant le petit lit blanc :

Au refrain :