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Les adieux de Nithard

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Je n’ai plus que les os, mi-squelette je semble,
Décharné, dénervé, démusclé, dépulpé,
Que le trait de la mort sans pardon a frappé ;
Je ne vois plus mes bras et dans mon sac ne tremble.

Les Potié et Martin, deux gentes dames ensemble,
Ne pensaient me quérir, dans ce grenier sapé.
Adieu, plaisant sommeil, mon repos est loupé,
Mon sort est de descendre où tout se désassemble.

Quel mari me voyant en ce point dépouillé
Remporterait victoire de ce carton mouillé,
qui me servait de lit et me voilait la face,

En rassemblant mes os par la mort endormis ?
Adieu, chères araignées, adieu, mes chères amies !
Je m’en vais du grenier où je n’ai plus ma place.

À la façon de Pierre de Ronsard