Accueil Les oulipiens de l’année Diomira, une ville invisible
Le voyageur et ses enfants

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Voyagez, cassez votre chaîne,
Si c’est bien là votre destin.
 
Un heureux voyageur, sentant sa fin prochaine,
Fit venir ses enfants, leur parla sans témoins.
« Craignez-vous, leur dit-il, de quitter ces parages
Où vous viviez déjà enfants ?
Trois jours vers le levant
Je sais de ces beautés, connais ces paysages,
Ces coupoles d’argent et ces statues debout,
Or, bronze, étain, cristal, pas une once de boue.
Partez, filez,quittez dès à présent vos places,
Pour Diomira et ses terrasses ».
Le père mort, les fils partent vers le levant
Ils y voient la misère, le froid et les brigands,
Et point de ces beaux paysages,
Point d’argent, de cristal. Le père fut-il si sage
De ne vouloir avant sa mort
Laisser chacun choisir son sort ?

À la manière de La Fontaine.