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Le grenier poétique

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Le grenier poétique —

Entrer dans ce grenier, ça les a fait flipper. Direct. Presque une apoplexie.
Un enfant de la manécanterie conduit par la curiosité dans ce local lugubre, séduit par un dragueur cordial lui offrant un hanap d’onyx couvert de toiles d’araignée, un bijou sorti de la poussière, aurait passé un sale quart d’heure.
Il fallait rompre le charme nosocomial de ce lieu aussi malsain qu’un tripot, vite, vite, faire le vide.
Assaillantes vouées à la saleté, sans gilet ni brassière de sécurité, sans masque chirurgical, leur journée dure, dure sans bénéfice.
Toutefois un coffre de macassar attire l’attention d’Anne qui, judicieusement l’ouvre avec le manche de son balai. Il recèle un objet allongé, blanchi, un autre, encore un autre... Un crâne enfin, le doute n’est plus permis, ce sont des os, les restes d’un poète ? Jocelyne récite
Dans quelques coins du
grenier j’ai trouvé des om-
bres vivantes qui remuent.*
Pas des ïambes certes, pas la Pléiade, mais quelle satisfaction ! On a retrouvé Nithard !

* Pierre Reverdy, La lucarne ovale.


Mots en gras proposés par la revue Lichen.