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La déprime de Nithard
Nithard dans son grenier repose inconsolé,
Réduit à quelques os, la conscience abolie,
Il contemple le sol de fientes constellé,
Sombrant comme jamais dans la mélancolie.
Depuis plus de mille ans, nul ne l’a consolé !
Il aurait bien aimé partir en Italie,
Mais mourir au combat, non, il est désolé !
Qu’un roi voulant périr à Lucifer s’allie,
Mais qu’il laisse admirer au rêveur un Byron,
Qu’il laisse un troubadour composer pour la reine,
Qu’il lui laisse chanter les seins de la sirène !
Au lieu de le mener au sinistre Achéron,
Qu’il le laisse rêver aux poèmes d’Orphée !
Nithard est mort, hélas, loin des contes de fée.
Bouts rimés du Desdichado de Nerval.

