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La Nuit de Phèdre

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Quand serons embrasées de cette ardente flamme,
La nuit ne paraîtra plus jamais à nos âmes.
Car quand à nos regards surgit l’auguste feu,
C’est alors seul Vulcain qui s’impose à nos yeux.
Regarde donc, Œnone, comment, ici, ce soir,
Le ciel a pourchassé ses nues qu’il a fait choir.
Clouant à cette voûte ses punaises de cuivre,
Avec la triple Hécate dont la beauté enivre.
S’il est vrai que du Froid les rigueurs sont plus fortes,
Nous respirons bien mieux l’éther qu’il nous apporte ;
Désormais ce n’est plus le moment du labeur,
On se sent dans un havre, oisif, plein de bonheur.
Si les vagues marines de ces lieux sont absentes,
Les cieux peuvent combler de l’infini l’attente.
Personne n’espérait si soudaine détente,
Si rapide et si longue, et aussi persistante.
Peux-tu donc contempler cette superbe étoile ?
Je la vois, tu la vois… Voilà qu’on nous la voile,
Si l’on veut à présent bien vouloir s’en remettre
À tout ce qui relève du fameux Taximètre !

À la manière de Jean Racine.