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La Guigne de Nithard
De son sac de plastique un squelette enfoui
Au fin fond d’un grenier aujourd’hui se délivre.
Ces os durs oubliés sont-ils ceux d’une vouivre ?
Ou bien ceux de Nithard, à notre œil ébloui ?
Un grimoire perdu affirme que c’est lui,
La prophétie nous dit l’espoir qu’il va survivre,
Cerquiglini pourra le chanter dans son livre
Et l’administratrice aura tout son appui.
Mais l’Histoire secoue cette thèse jaunie,
Infligeant à Potié, pour cette félonie,
Avec l’horreur du blâme, un zeste de mépris.
Ossements inconnus, on vous met en consigne.
Nithard reste perdu, nous n’avons rien appris,
Anne Potié s’exile, et c’est son chant du cygne.
À la manière de Mallarmé, Le vierge, le vicace et le bel aujourd’hui.
