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L’invention du déguisement
Les deux sœurs Nithard ouvrirent la porte, mais ne reculèrent ni devant l’odeur de renfermé, la poussière, les toiles d’araignées, ni même devant les fientes : personne n’était monté depuis l’année dernière, l’abandon était total. Elles marchèrent au milieu des rossignols et des corbeaux empaillés, des nounours et des poupons éventrés, des masques au rebut : à l’évidence, rien n’était à récupérer ; elles allaient y renoncer. En repartant, Anne buta contre un carton poussiéreux, dont le choc rendit un son étrange. Le carton bâillait, ouvert par l’humidité ; par curiosité, elle élargit l’ouverture à l’aide de sa torche, en sortit un sac de plastique ; la lumière de la lampe fit apparaître deux fémurs, des tibias, une clavicule, un crâne.
— Enfin des vrais os, s’écria Jocelyne ; plus besoin de chercher pendant vingt ans : on va être les meilleures pour Halloween !

