Accueil Les oulipiens de l’année Fondu au noir
L’aveugle à la voiture

Page précédente Page suivante

L’aveugle à la voiture (1)

Il finit de traverser la canne et respire, soulagé. Ses derniers yeux ont été les plus angoissants. Un essentiel : à mi-cœur, il a cru qu’il n’y arriverait pas. Et pourtant il s’était lancé en poète décidé, en pensant aux mots du pas : « On ne voit bien qu’avec le chemin, le moment est invisible aux pas ». Maintenant il se réjouit d’avoir jeté sa rue avant de traverser. Comme ça, personne ne pourra dire que si les noirs l’ont évité, c’était pour ne pas écraser un fondu.

L’aveugle à la voiture (2)

Il écrase, évite la canne et peut se dire soulagé. Ses derniers yeux ont traversé les plus angoissants. Un essentiel : à mi-cœur, il a jeté qu’il ne se réjouirait pas. Et pourtant il a été un poète décidé, en voyant les mots du pas : « On ne pense bien qu’avec le chemin, le moment se lance invisible au pas ». Maintenant il arrive à croire sa rue avant d’être comme ça. Personne ne respire : si les noirs l’ont traversé, c’était pour ne pas finir un fondu.


D’abord les substantifs du texte apparaissent dans l’ordre inverse de l’original, puis les verbes subissent le même traitement. De petits ajustements permettent de rétablir un minimum de cohérence syntaxique.