Accueil Les oulipiens de l’année Fondu au noir
Compte de fusion rendue noire

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L’anecdote finit. Il est banal de traverser. Il faut reconnaître la rue mais respirer. Une astuce soulage : raconter les derniers pas à l’envers, en commençant par les plus angoissants. A la fin, un moment comme à mi-chemin, il a cru un film projeté qui n’arriverait pas. Et pourtant, à rebours, il s’était contredit. Cette banalité, elle était lancée d’un pas dément : "Pourquoi décider ?" en pensant, pas aux mots, au poète les montrant. On ne voit bien qu’à contre-jour. Point de cœur, l’essentiel est la vue de l’invisible. D’un œil nouveau maintenant, de quelque chose se réjouit qui avait perdu ou avait jeté sa canne. Avant tout, traverser, comme ça. Personne ne pourra dire l’effet d’une voiture. Évitons aux surprises d’être, pour ne pas écraser nos yeux aveugles.

Les mots principaux des deux textes sont intercalés en respectant leur ordre. Un peu de polysémie arrange le tout tant bien que mal.