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L’Estoile des Alpes

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Ces atomes de feu qui sur la neige brillent,
Ces estincelles d’or, d’azur et de cristal
Dont l’hyver, au soleil, d’un lustre oriental
Pare ses cheveux blancs que les vents esparpillent ;

Ce beau plafond du ciel qui d’estoiles s’habillent,
Ce pavé transparant fait du second metal,
Et cet air net et sain, propre à l’esprit vital,
Sont si doux à mes yeux que d’aise ils en petillent.

Cette saison me plaist, j’en ayme la froideur ;
Son gage de vacance et de pure candeur
Couvre en quelque façon l’infini de la terre.

Cette estoile la-bas la void ton oeil humain ;
Sache qu’elle n’est plus. Tel un coup de tonnerre,
La lumiere va vite et te bat haut la main.

Variations sur le sonnet L’Hyver des Alpes de Marc-Antoine Girard de Saint-Amant (1594-1661).