Accueil Les oulipiens de l’année C’est un soir de vent
Gros orage

Page précédente Page suivante

Gros orage

Quelle pénible soirée : pluie, vent, orage ! Elle élude, perdue entre deux pages, dévore maintes lignes, maintes images. Quelque rafale brutale survient, sauvage, sévère, après quoi cette longue, lente, sourde pluie éclate, explose, trouée, mitée pire, ici, là, d’or fin, de feu, avec dix, cent coups, fracas violent, tonnerre fouettant, fustigeant frondaisons, feuillages décolorés, branches, rameaux, troncs enfin. Vois ces eaux vives couler, raies minces zébrant vitres, vitraux, verres, aussi bien que tout cadre ; eaux que le dur vent jette contre notre humeur, notre propre vouloir, fâcheuse abondance soudaine. Fâcheux encore, cogne, tape, rue, ce son, boum ! Bing ! Bang ! Gong qui va -vil- vous voler dans les os.

J’ai mal pour eux.

Arry Matha « Sainte Barbe »

Sauf ... boum ! Bing ! Bang ! Gong... (4 x 4 lettres), variante « montagnes russes » de la contrainte « boule de neige » : chaque mot compte une lettre en plus ou en moins que le précédent.