Accueil Les oulipiens de l’année Je regarde le bistrot
Fivette n° 4/5 (fécondation in bistrot)

Page précédente Page suivante

donneur : Robert Rapilly, El Ferrocarril de Santa Fives

à l’auberge inverse
l’on y pénètre en descendant
je regarde le bistrot il est lumineux clair
comme un smog londonien
l’opacité environne la lumière blanche
chaque petite alcôve abrite une banquette
couverte en velours bleu
et sa glauque clarté
nous crève les yeux nous fissure l’esprit et on rampe
là l’un vers l’autre dans nos yeux et nos esprits
pendant que le jour se casse nos lèvres sèches lampent
la musique de nos boissons de tes yeux jolis
comme mer de possibilités là devant nous
telle obscure contrée, horizons gris et bleus
l’autre est parti sans
effleurer le poli impeccable d’un comptoir en bois
sans laisser de pourboire
et le barman nous fixe nous dit alors
doublons nos gains anciens de nouveaux dividendes
vous
ce sera quoi ? ce sera pour l’instant juste boire
le bleu de tes yeux ton regard ton visage
dans la mer de choses possibles là où on nage
MM. les cachalots n’ont qu’à bien se tenir