Accueil Les oulipiens de l’année Fondu au noir
Enchaîné au blanc

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À tous les coins de nuages, il s’engage dans la première à droite, longue et sinueuse, bordée de maisons. Seul, il fait le premier, il n’y a que le premier qui coûte : en avant ! C’est l’affaire d’un perdu, accordons-lui un présent de liberté, le dernier : vers la sortie, on lui a barré de pierres, de croix, un bout de l’exil. Il prend le faux tournant de danse de fourmi. Il n’a pas peur des jeux d’esprit, doux sur le bout de la langue, celui qui se pique d’être voyant dans l’âme : c’est au battement d’un réacteur en forme d’artichaut qu’est le caractère, pour résumer. Il ouvre et ferme les deux narquois de lynx qui lui sortent de la tête, casse sa blanche ombrelle à sucre. Tout terrain de société roulant au diesel troque son cheval borgne contre un bâton de chien.

J’ai traité chaque substantif de la micronouvelle en filigrane, selon leur ordre d’apparition. J’ai traité le titre "Fondu au noir" dans la globalité de l’expression.