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Du ton beau d’un coup de pot

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Du ton beau d’un coup de pot ! —

Tel qu’en lui-même enfin, sa traversée le change,
Ce fol être médite avec son blaire nu
Qu’un bolide planqué au pilote inconnu
Dans son tort c’est un fait le mettrait dans la fange !

Alors d’un vif sursaut, pitre que tout démange,
Virant d’un sens peu sûr du flot de la tribu
Évite les points chauds, se sort du piège bu
Et trouvant son bonheur au trottoir il se range.

Au sol et à la rue agile, sans grief !
Si bien guidé sans canne il a quitté le fief
Sans qu’il tombe écrasé, ce dont sa fierté s’orne.

Calme roc ici-bas élu d’un astre obscur,
Il bat le pavé loin défiant toute borne
Au fondu noir-baptême ! il part vers le futur.


D’après Le Tombeau d’Edgar Poe de Mallarmé.