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Deux vers chinois

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Chanson de minuit [1]

Dans le pays de Quin, une dame Lofu
Cueille des feuilles de mûrier au bord d’un ruisseau clair
Bras blancs sur les rameaux vert sombre
Un soleil blanc rend plus fraîche sa robe rouge
Les vers a soie ont faim, je veux partir
Votre carrosse à cinq chevaux, pas la peine de le laisser là

Et comment ne pas rapprocher le poème de Li Bai de cette chanson de la Chine ancienne (dynastie des Han, 206 av. J.-C.-219) :

La chanson du mûrier

Le soleil qui se lève à L’Est
Eclaire la haute demeure de la famille T’sin.
Chez les T’sin est une belle fille
Qui se nomme Lo Fu.

Habile à élever des vers à soie,
Elle cueille des feuilles de mûrier au sud de la ville.
Des cordons de soie noire attachent son panier,
Une branche de cannelier lui sert de crochet.
Elle porte un chignon très bas,
Et aux oreilles, des perles couleur de lune.
Sa jupe est en soie verte,
Et sa veste est en soie mauve.
Etc.

in Patricia Guillermaz, La poésie chinoise. Club des Libraires de France, Pierre Seghers éditeur, 1960.


[1Li Bai (ou Li Po) (701-763), in Maurice Coyaud, Anthologie de la poésie chinoise classique, Les Belles Lettres, 1997.