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Crochet à goût d’Islam

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Le voile est compact. Lisse. Superbe.
Parfois, pas la moindre fissure pour la mater.
Pas le moindre trou pour en deviner un œil.
Pas la moindre partie échancrée.
Elle bombe le torse . . .
Et ce voile s’appelle La Burqa, le bouclier.
 
Lorsque les sourires font défaut et que toute pose de moyen d’approche
et de progression est impossible,
Il reste un moyen. Unique. Ultime.
La réserve des grands cas.
 
Vous jetez un crochet à goût d’Islam.
C’est un simple crochet verbal, pointu et acéré.
Un hameçon à dévoiler.
Vous le posez dans l’oreille qui saille d’un tout petit millimètre.
Voilà, il est entré.
Aux extrémités du crochet, vous suspendez de petites échelles faites de salamalecs islamiques qui marchent.
Vous respirez.
Vous faites un Inch’Allah en priant le messager supérieur.
Et vous chargez lentement tout le poids de votre espoir sur cette mince margelle.
Très lentement. Tout geste brusque peut faire déloger le crochet de la drague ébauchée.
Progressivement, votre poids se déplace avec aplomb vers la dame.
Au fur et à mesure, les mots malins et divins enfoncent leur pointe dans son cœur touché et désormais couché.
Encore plus lentement, au dessus d’elle vous vous élevez.
Évitez à tout prix de regarder sous ce voile que vous retroussez entièrement.
 
L’air entre les corps vibre.
 
(Le sacripant, Don Juan de Salons)