Accueil Les oulipiens de l’année Crochet à goutte d’eau
Croc à pore d’eau

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Le roc est uni. Poli. Beau.
Ici, nul rift ne le fend.
Nul trou ne le dote d’un œil.
Nul crêt ne l’orne.
Il fait voir ses pecs.
Et la voie a pour nom The Egis, l’écu.
 
Si tout bec est limé, et si nul clou ni tire-clou ne peut être posé,
Il y a un truc. Un seul. Sans quoi, c’est mat.
Le coup pour les cas où l’on est pat.
 
Tu as en main un croc à pore d’eau.
C’est un bête croc de fer, aigu et vif.
Un dard pour roc.
Pose-le sur le bec qui luit.
Au demi poil près.
Vois, il est posé.
Au bout, en bas du croc, pend un fin rets doté d’une erse ou deux.
Fais en toi la paix.
Pose le pied dans l’erse du bas.
Tout doux, beau sire, kilo par kilo pèse tout ton faix sur l’orle fine.
Plus doux. Tout émoi, et le croc ripe hors du cran ténu qui le loge.
Peu à peu, le faix de ta vie se pose à la cime du croc.
Au fil de l’acte, le croc mord de plus en plus le roc et s’y fixe.
Plus doux si cela se peut, lève toi.
Fuis à tout prix la vue de ce sur quoi se base ton élan.
L’air bat.
 
El Cabo, Noll Fair