Accueil L’oulipien de l’année Vers à soie
Mûrier hanté

Page précédente Page suivante

Y bâfrant
sans
en manger les fruits mous,
souvent blancs,
dans
lesquels n’est pas de moût,
c’est fort peu soûl,

- du tout ! -,
Qu’au mûrier le ver va chantant.

Remâcher
chez
le ver est un penchant,
car hacher
ces
feuilles de mûrier blanc,
sans dents, lui prend
du temps
(mais sans l’empêcher de chanter).

S’endormant
quand
il a mangé son soûl,
il tourne en
lents
mouvements nés du cou
un fil très doux,
qu’il coud

- s’enfermant, mais toujours chantant.

Tout à coup

- Bouh ! -
une dame le prend
et le bout
tout
vif en le dévidant !
De vêtements
brillants,
cette dame aura su le coût...

(Se sentant
en
partance après l’été,
la dame en
blanc
nous a donc demandé
de lui planter
hanté
mûrier... où le ver va chantant