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Rien m’a brisé

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Ma plume est triste, hélas ! et je n’écris nul livre.
Lire ! au moins lire ! Où sont les modèles à suivre ?
Perdus dans les brouillons inédits et les cieux !
Rien, ni les vieux romans qui tombent sous ses yeux
N’inspirera l’auteur dont la muse décampe
La nuit, ni la clarté déserte de sa lampe
Sur le vide papier que la blancheur défend,
Ni le nom de la femme et ni le mot d’enfant.
Je trouverai ! Partout dans la littérature
Crève l’encre souillée d’une autre signature !
Un Ennui, désolé par un cruel espoir,
Croit encore à l’appel suprême du devoir !
Et, peut-être, les mots composant les ouvrages
Sont-ils de ceux qui seuls évitent les naufrages ?
Perdu, sans mots, sans mots, exclu des jeux floraux...
Mais, ô mon Dieu, le prix Madame Figaro !

Marphel Selamenta, Pourquoi je me sens mal armé pour écrire mes livres.

D’après Brise marine de Stéphane Mallarmé.

Le titre "Rien m’a brisé" est anagramme de "Brise marine"